PIERRE-YVES MORICET, DE LA MER À LA LUMIÈRE

Economie/Commerce

En transformant des flotteurs de pêche échoués en luminaires, Pierre-Yves Moricet, fondateur de Dérive Biarritz insuffle une seconde vie à la matière. Une création locale, poétique, engagée et née au bord de l’océan.

Pourquoi avoir choisi Biarritz comme lieu d’ancrage pour Dérive ?

Il y a huit ans, nous avons mis le cap sur Biarritz pour élever notre petit garçon. C’est ici, au fil de longues balades à la Côte des Basques, que tout a commencé. Je trouvais souvent des flotteurs de pêche échoués dans les rochers. D’abord simple curiosité, c’est devenu une véritable obsession : celle de donner une seconde vie à ces objets oubliés. Peu à peu, l’idée s’est imposée : les transformer en luminaires. Une manière de réparer symboliquement ce que la mer nous rend, tout en sensibilisant à la pollution du littoral. Chaque pièce raconte une histoire : celle d’un objet ayant dérivé un temps avant de retrouver une fonction, de la mettre en lumière. Ces suspensions iodées, imparfaites et singulières, éclairent aujourd’hui les intérieurs biarrots et d’ailleurs.

Transformer un flotteur de pêche en luminaire iodé est une démarche singulière : que dit-elle de l’esprit créatif que vous trouvez ici ?

Le Pays Basque, et Biarritz en particulier, sont un terreau fertile pour la création. C’est une région où la nature, la mer et les éléments inspirent en permanence. On sent ici une vraie liberté de ton, une envie d’expérimenter. Mais pour durer, il faut savoir bien s’entourer, partager, écouter, apprendre des autres. La création, pour moi, n’est pas un geste isolé : c’est un mouvement collectif, nourri par l’énergie du territoire.

Comment la rencontre avec d’autres acteurs locaux (artisans, créateurs, réseaux) a-t-elle soutenu votre aventure et nourri votre parcours ?

Les rencontres ont été essentielles. Alizée Phulpin, architecte d’intérieur, a été la première à intégrer mes luminaires dans ses projets. Son soutien m’a permis de me faire connaître et de prendre confiance. Puis Hélène Demongeot, fondatrice de la boutique Open Me à Biarritz, a commercialisé les premiers modèles de baladeuses et m’a guidé dans un univers que je découvrais. Enfin, j’ai croisé la route de Gauthier, ingénieur chez GRC Tools, qui m’a accompagné sur l’aspect technique et résout tous les problèmes que je rencontre, toujours avec des solutions ingénieuses. Depuis avril 2025, j’ai rejoint Ateleria, un collectif d’artisans à Bayonne. C’est un lieu unique, où cinq univers se côtoient : boutique, ateliers, échanges, entraide. Une belle illustration de ce que j’aime dans ce territoire : la collaboration et la création partagée.

Que diriez-vous à un jeune créatif qui souhaite rejoindre cette dynamique biarrote, inventer et entreprendre à son tour ?

Je lui dirais simplement : vas-y, fais-le. Ose tenter, explore, teste. La clé, c’est de se faire confiance, d’accepter les imperfections, et de se nourrir des rencontres. À Biarritz, il y a une vraie émulation artisanale et artistique, une envie de créer autrement, avec sens et respect. Il suffit souvent d’un premier pas, d’une idée un peu folle, et de la volonté de la rendre réelle.

 

Dernière mise à jour le 07 novembre 2025